Le consentement dans l'accompagnement


Photo : William Farlow

Le respect du consentement est une valeur forte chez moi et j’ai envie de t’expliquer ce que j’entends par là.


Respecter le consentement de l’autre peut paraître une évidence pour qui considère à minima les personnes qui l’entourent. Et pourtant, quand on regarde un peu mieux ce qui se passe dans le monde, le respect du consentement n’est pas acquis.

Pire, je dirai que le consentement de l’autre est lui considéré comme acquis et qu’on pense qu’il n’est pas nécessaire d’en parler.



En tant que thérapeute et initiatrice d’espaces dédiés à se réapproprier son corps et sa souveraineté, j’ai pour habitude de poser un cadre très cadré justement à ce sujet.

Il est nécessaire, à mon sens, lorsqu’on reçoit des personnes en soins, en ateliers, en cercles de paroles etc, de rappeler qu’elles ont toujours le choix.

Le choix de recevoir le soin ou de l’interrompre, de changer d’avis, de réaliser les pratiques corporelles proposées ou de se les réapproprier, de prendre la parole ou non.


Je dis toujours en début de cours : « Si à un moment, vous avez juste envie de vous asseoir, de rentrer dans votre bulle parce que c’est assez pour vous aujourd’hui, c’est complètement ok. »


Je sens souvent les personnes surprises en se voyant accorder cette liberté qui pour moi est indiscutable. J’imagine qu’elles ont pour habitude de se dire que si elles se sont inscrites c’est qu’elles sont là pour faire.

Sauf que, surtout quand c’est la première fois, on ne sait pas si l’enseignant.e va nous convenir, si la pratique proposée est ok pour nous.

N.B: Bon, en plus avec moi, quand on bouge le corps on bouge aussi les émotions qui y sont cristallisées et on réorganise profondément plusieurs couches.


Et encore plus quand on s’occupe du corps, je peux vous dire par expérience que le consentement et le respect de celui-ci ne va pas de soi.

Pourquoi ? Il suffit de regarder la société patriarcale dans laquelle on évolue chaque jour, ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Et encore trop peu d’accompagnant.e.s prennent le temps de verbaliser ce qui me semble être pourtant la première pierre à l’édifice de la souveraineté personnelle.


Je mets donc un point d’honneur dans tous mes enseignements et accompagnements qu’ils soient sur le corps, l’esprit ou l’âme, à parler de ce consentement. On a vraiment besoin d’en parler, qu’il soit dit, qu’il soit explicité, qu’il soit compris.



Quand je crée des espaces d’exploration de soi, il y a deux autres consentements que je pense à mentionner. Car si j’offre le respect à l’autre, j’attends que chaque personne en fasse de même avec les autres du groupe. Le respect du consentement n’est jamais à sens unique.

Je pense que de le poser dans le cadre permet aussi que petit à petit ces notions traversent les espaces des cours, ateliers, coachings et s’intègrent dans le quotidien.


Quand on réalise des pratiques corporelles (je pense notamment aux automassages), je rappelle aussi qu’il existe un consentement de soi à soi à respecter. Nos corps contiennent toutes nos histoires. Et, selon les histoires qu’ils ont traversées, se toucher, se mettre en mouvement... n’est pas banal, normal ou agréable. Et ce n’est pas parce qu’un enseignant dit de le faire qu’il faut le faire.


Au moment de poser ses propres mains sur soi, pensez à vous demander si c’est ok. Pensez à prendre votre temps pour observer : est-ce que vous ne retenez pas votre respiration ? est-ce que vous ne vous coupez pas de vos sensations ?

Si c’est le cas, c’est peut-être que vous ne consentez pas à réaliser cette pratique aujourd’hui et c’est important de le reconnaître et de le respecter. Ca sera d’autant plus vrai si vous avez vécu un trauma.

Se réapproprier son corps est un chemin qui peut demander du temps. Et la notion de consentement de soi à soi est une notion à mon avis non négligeable sur ce chemin.



Je crois que parler de consentement est vraiment nécessaire dans une société où dès le plus jeune âge on est habitué à obéir à une autorité considérée supérieure.

Je crois aussi qu’il est essentiel que les accompagnant.e.s intègrent cette notion dans les espaces qu’ils proposent. C’est le meilleur moyen d’éduquer et de montrer que non ton consentement n’est pas acquis et que oui tu as le choix de dire oui ou non.








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